11 juin 2020, attaque d’un poste-frontière à Kafolo, dans le nord-est de la Côte d’Ivoire.


La première série de ces attaques a débuté le 11 juin 2020 par l’agression armée d’une base mixte armée-gendarmerie à Kafolo, une bourgade située dans la partie septentrionale de la Côte d’Ivoire, près de la frontière avec le Burkina Fao. Cette incursion menée par des individus armés non identifiés, dans la nuit du mercredi 10 au jeudi 11 juin 2020, a fait 14 morts et 06 blessés dans les rangs des forces armées ivoiriennes et l’un des assaillants, tué, selon le bilan provisoire communiqué par le général Lassina Doumbia, chef d’état-major général des armées.

Une note du ministère de la Défense a indiqué que des sources burkinabés ont imputé cette attaque à plusieurs dizaines d’individus armés, certainement des éléments du JNIM” (acronyme arabe du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, affilié à Al-Qaïda).



Deux positions des FDS attaquées à Kafolo et Kolobougou le 29 mars 2021

Dans un communiqué diffusé le mercredi 29 mars 2021, l’Etat-major général des Armées, a soutenu que deux positions des Forces armées basées notamment à Kafolo et à Kolobougou, près des frontières avec le Burkina Faso, ont subi des attaques de groupes armés terroristes dans la nuit du 28 au 29 mars 2021.

Le bilan provisoire de l’attaque de Kafolo fait état de deux (02) soldats tués et quatre (04) blessés côté ami et côté ennemi, trois (03) terroristes tués, quatre (04) interpellés et du matériel logistique saisi. Un gendarme a été tué et un autre blessé dans celle de Kolobougou aucune victime n’a été signalée du côté ennemi. Contrairement à la première l’attaque (11 juin 2020) qui a été revendiquée, Ces deux attaques qui ont été menées simultanément, n’ont pas été revendiquées.


Le 12 avril 2021, le camp militaire de N’dotré essuie une attaque

Situé à Anyama au nord du District Autonome d’Abidjan, le camp militaire de N’Dotré a été attaqué dans la nuit du mardi 20 au mercredi 21 avril à Abidjan par des hommes armés non identifiés

”Dans la nuit du 20 au 21 avril, aux environs de 1 heure, des individus non identifiés ont ouvert le feu sur les postes de garde de la base militaire de N’dotré, dans la commune d’Abobo, avec l’intention certaine d’y pénétrer de force. La réaction immédiate des sentinelles de faction a donné lieu à des échanges de tirs nourris, obligeant les assaillants à prendre la fuite”, a déclaré le chef d’état-major général des armées, le général Lassina Doumbia, dans un communiqué.

“Le bilan provisoire fait état d’un blessé léger côté ami, de trois tués et un blessé fait prisonnier côté ennemi”, a précisé la note de l’Etat-major des armées.

Il est à noter que l’attaque contre cette caserne intervient trois semaines après une double attaque meurtrière contre les forces de l’ordre dans le nord du pays.


La localité de Tougbo attaquée le 7 juin 2021

La cinquième de la série d’attaques subies par les forces de défense et sécurité a été perpétrée à Tougbo, une localité située dans le département de Bouna et frontalière du Burkina Faso. Cette bourgade a été attaquée par des individus armés, dans la nuit du lundi 07 juin 2021, aux environs de 21 heures.

Selon un communiqué signé du chef d’état-major général des Armées, le général de corps d’armée, Lassina Doumbia, le mardi 08 juin 2021 à Abidjan, le bilan provisoire de cette attaque fait état d’un soldat ivoirien décédé des suites de ses blessures et d’aucune victime civile.
La localité de Tougbo a servi de lieu d’accueil pour de nombreux déplacés du Burkina Faso a près les événements d’Alidougou. La Côte d’Ivoire dans l’œil du cyclone djihadiste

La Côte d’Ivoire dans l’œil du cyclone djihadiste

Plusieurs analystes estiment qu’il pourrait s’agir de représailles en ce qui concerne ces attaques récurrentes contre les positions des forces armées ivoiriennes dans un intervalle d’un an.

Pour ces analystes, la volonté des autorités ivoiriennes d’aider le Bukina Fao, pays voisin et frontalier, impétré depuis quelques temps dans une guerre asymétrique contre des bandes armées qui sèment la mort et la désolation sur son territoire, ne serait pas bien vu par “les marchands de la mort”.

En effet, la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso ont mené une opération conjointe inédite baptisée « Comoé 2020 », du nom du fleuve séparant les deux pays. Les forces armées des deux pays ont démantelé une base, tué huit terroristes présumés et arrêté 38 suspects liés à la Katiba Macina, un groupe armé affilié à Al-Qaida.

Il n’en fallait pas plus pour que les groupes armés jettent leur dévolu sur la Côte d’Ivoire qui de par sa position stratégique avec notamment une ouverture sur la mer et une situation de pôle économique, soit vue comme une terre à conquérir qui pourrait servir de base arrière pour l’expansion du djihadisme.

Ainsi donc, Les villes ivoiriennes, frontalières du Burkina Faso, du Mali et du Ghana subissent depuis le mois de juin 2020, des attaques régulières non revendiquées.

Pour contrer cette avancée des bandes armées, mais aussi pour renforcer l’axe Ouaga-Abidjan, le ministre ivoirien de la Défense, Téné Birahima Ouattara, a parlé du 09 au 11 mai 2021de la coopération pour le renforcement de la lutte contre le terrorisme avec les pays, voisins, à avoir le Burkina Faso et le Mali.


A cette volonté farouche des bandes armées de prendre pied en Côte d’Ivoire, il faut ajouter le problème des frontières qui constituent un véritable casse-tête chinois pour les autorités.

En effet, longue de 1 100 kilomètres, la frontière séparant la Côte d’Ivoire du Burkina Faso et du Mali est poreuse. Les populations se déplacent quotidiennement d’un pays à l’autre, empruntant aussi bien la route qu’un fleuve ou une forêt.

Même si le chef d’Etat-major général des armées, est catégorique et formel en annonçant qu’’’aucun centimètre carré du territoire national ne sera cédé’’, le risque zéro n’existe pas en termes de sécurité nationale qui plus est menacée par des hordes de bandits irréductibles. Il appartient donc aux autorités ivoiriennes de redoubler de vigilance.

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