Le magistrat, au cours de sa conférence de presse, hier, au Palais de justice, a soutenu que toutes ces personnes, sur la base des éléments et informations en sa possession à la suite des investigations menées, sont proches de Guillaume Soro dont elles sont les complices dans ce dossier d’atteinte aux institutions de l’État. « A ce stade de l’enquête, les éléments en notre possession, notamment les traces digitales sur les armes sorties de la lagune à Assinie, les données de téléphones portables et certains documents, ont permis l’interpellation de dix-neuf personnes: quatorze ( 2 officiers supérieurs et 12 sous-officiers) et cinq civils en lien avec les faits susvisés », a-t-il indiqué.

Le procureur de la République a précisé que relativement à cette procédure qui suit son cours avec des résultats notables, le juge d’instruction, suivant commission rogatoire datée du 27 décembre, avait instruit la section Recherches de la gendarmerie nationale à l’effet de procéder aux actes d’instruction. Ce qui a permis, à l’en croire, à la perquisition de différents domiciles et résidences ainsi que de lieux divers. « Lesdites perquisitions ont abouti à la saisie de 17 véhicules dont 4 ayant servi au transport d’armes et de munitions initialement stockées au siège du mouvement Générations et peuples solidaires (Gps) sis à Cocody- Riviera-Golf, en direction de la ville de balnéaire d’Assinie, pour y être précipitamment immergés dans la lagune en prévision d’éventuelles perquisitions », a-t-il expliqué à la presse.

Pour Adou Richard, l’enquête permet donc d’établir que le siège du Gps servait à l’entreposage d’armes. « Il a été également découvert à ce siège 1 lot de matériel militaire de communication, dont un appareil permettant de capter les mouvements des forces armées ainsi que des documents qui ne laissent aucun doute sur les actions et les objets de ce mouvement politique », a-t-il ajouté.

Lors de cet échange avec les journalistes, le conférencier s’est aussi prononcé sur l’audience de condamnation de Guillaume Soro à 20 ans d’emprisonnement, le 28 avril dernier. Sur cette affaire, il a fait savoir que le juge a rendu une bonne décision et que le procès s’est bien déroulé, même si le conseil d’avocats de l’ex-président de l’Assemblée nationale a fait défection à cette audience. Dans son argumentaire, le procureur de la République a indiqué que l’huissier de justice a bel et bien rencontré physiquement l’un des avocats de Guillaume Soro, Me Diallo Souleymane, afin de lui remettre l’exploit d’huissier l’invitant à venir défendre son client à ce procès. Il a poursuivi pour dire que celui-ci a refusé de prendre l’exploit d’huissier, au motif qu’il n’avait pas été chargé de se rendre à ce procès.

A la question de savoir pourquoi la justice n’a pas commis d’office un avocat pour assister le prévenu, dans la mesure où son conseil était absent à la salle d’audience, Adou Richard a répondu : « Les avocats de M. Soro s’étaient constitués pour défendre son dossier. Aussi, ce n’est pas une personne indigente qui ne pouvait pas se payer d’avocat pour défendre sa cause. Aussi, nous sommes dans une affaire pénale et non criminelle ».

Le procureur de la République, à qui l’on a demandé pourquoi, en qualité de receleur, Guillaume Soro est le seul à être poursuivi, alors que la personne qui a détourné le bien immobilier n’est pas connue et ne fait l’objet d’aucune poursuite, a expliqué que dans le code pénal, il est possible de poursuivre essentiellement le receleur. Mais il s’est empressé de préciser que l’enquête menée par le doyen des juges d’instruction est en cours. En la matière, le magistrat a prévenu que toutes les personnes impliquées et citées dans ce dossier seront entendues en fonction de l’évolution de l’affaire.

Source: FratMat