Ces différents appels ont conduit des jeunes à saccager un site dans la grande commune de Yopougon.  Le débat sur le processus d’identification s’est amplifié au lendemain du Conseil des ministres du mercredi 15 avril, après que le porte-parole du gouvernement, Sidi Touré, ministre de la Communication et de Médias, a fait un point sur le processus. ”Le Conseil a entendu un point sur la situation du processus d’identification.A ce jour, ce sont 130 000 personnes qui ont été identifiées sur un objectif de 6,5 millions de cartes nationales d’identité (Cni) à renouveler à l’horizon d’octobre 2020. Au regard de la situation particulière liée à la pandémie du Covid-19 et afin de garantir la continuité de l’opération en cours, l’Office national de l’état civil et de l’identification applique des mesures sanitaires dans l’ensemble de ses centres. Il s’agit, entre autres, du respect des mesures barrières et de la désinfection des appareils après chaque identification”, lit-on dans le communiqué qui a sanctionné la rencontre du gouvernement présidée par le Chef de l’Etat. 

A lire les différents communiqués ou déclarations des leaders des partis de l’opposition qui demandent la suspension du processus pour cause de Covid-19, on se rend compte qu’il y a un dangereux amalgame qu’ils font entre deux processus. Celui concernant l’indentification et celui lié au recensement électoral. 

Le processus d’identification permet de délivrer aux requérants une carte nationale d’identité. C’est un acte intemporel. Normalement, il se fait de façon continue. On se souvient que par le passé, on l’établissait dans les commissariats de police. Lorsque la Côte d’Ivoire a connu ces nombreuses crises interminables, les leaders politiques ont convenu de la création d’une structure chargée de gérer l’identification et l’on a lié ce processus aux élections de sortie de crise. C’était une exception. Les choses étant redevenues normales, il faut sortir de l’exception. Et c’est ce que fait le gouvernement. De nombreux Ivoiriens ont vu leurs cartes nationales d’identité arrivées à expiration. Il faut leur en procurer. Ce processus immuable ne saurait être jugé, comme le font croire certaines personnes qui parlent de son échec. 

Le processus de recensement électoral, lui, nous permet de disposer de notre carte d’électeur. Il est lancé par la Commission électorale indépendante. Et jusqu’à présent, aucun projet émanant de la CEI n’a été transmis au gouvernement pour lancer le processus d’enrôlement électoral. 

Pour nous, il faut poursuivre le processus d’identification. Ceux qui demandent la suspension du processus ont-ils arrêté leurs activités ? Doit-on fermer les banques pour cause de Covid-19 ? Doit-on fermer les pharmacies, les boulangeries ? Doit-on fermer les hôpitaux ? Doit-on tout arrêter ? Y a-t-il eu des statistiques qui démontrent que les 130 000 personnes qui ont visité les sites d’identification ont été testées positives au Covid-19 ? Il faut arrêter le tout politique.

L’Etat doit continuer de tourner, de fonctionner. Sur les sites, les précautions sont prises. Les Ivoiriens doivent s’y rendre. Ce n’est pas une affaire d’élection, il s’agit d’entrer en possession d’un document important qu’on demande dans des transactions financières, dans des procédures à divers niveaux. C’est vrai que la propagation du virus effraie. Mais avec les mesures édictées, l’on peut l’éviter et stopper la propagation.

Maintenant, si la situation devenait intenable, les experts qui travaillent avec le gouvernement le diront et l’on stoppera certaines activités. Mais pour l’heure, ce n’est pas le cas. Ne politisons pas le processus d’identification.

Par Etienne Aboua