Mais le mauvais usage du même ouvrage à péage peut engendrer dérapages, accrochages, embouteillages, carambolages. Un carambolage n’est pas le fait du pont à péage, mais le fait de l’usage de l’ouvrage.

Les ravages du langage sont ainsi dans son mauvais usage. Le bavardage, le commérage, le tapage, le lynchage ou le chantage sont le témoignage d’un mauvais usage du langage.

Le personnage qui propage des messages de haine dans son entourage est comme le mauvais usager qui ne fait pas un sage usage de l’ouvrage. Et le langage qui fait étalage de rage est souvent l’apanage de personnages eux-mêmes otages de leur propre rage.

Le langage n’est ni outrage, ni tapage, ni bavardage. Il engage dans des voies sans trop de clivages ou de saccages.

Le gage d’une cohabitation sans trop de remue-ménages commence par le déminage sans ambages de nos messages.

Par Benoît Hili