le journaliste Yves Thréard s’est livré à un violent réquisitoire contre la réélection du Président Alassane Ouattara, en exposant des faits et des commentaires totalement erronés et excessivement orientés par des motivations qui ont mis en congé la neutralité et la recherche de l’objectivité si chères à la profession du journalisme.

En effet, dans cet article intitulé « Côte d’Ivoire : Emmanuel Macron face au spectre d’un grand califat africain », le journaliste s’emploie péniblement à démontrer que « depuis l’élection pour un troisième mandat du Président Alassane Ouattara, l’ancienne colonie française est à feu et à sang ».

Et pour créditer cette thèse, il n’hésite pas à appuyer sur des boutons sensibles en évoquant des scènes de décapitation qui seraient en cours en Côte d’Ivoire : « si ce pays sombre dans le chaos, c’est un pan de l’Afrique qui risque de bientôt chavirer. Au lieu de détourner le regard, la France et l’Europe devraient y regarder à deux fois.

L’élection pour un troisième mandat d’Alassane Ouattara, le 31 octobre dernier, a déclenché une vague de violences inouïe. Les affrontements politiques et interethniques se multiplient. Des scènes de décapitation sont rapportées… ».

Devant ce tableau apocalyptique très sombre que présente M. Yves Thréard, il nous parait opportun de rappeler à notre « éminent journaliste » que l’évolution récente de l’actualité politique en Côte d’Ivoire, induite par la rencontre entre le Président Alassane Ouattara et le chef de l’opposition M. Henri Konan Bédié, président du PDCI-RDA, à l’initiative du Chef de l’Etat Ivoirien, prend totalement à contrepied le scenario catastrophique et les perspectives ultra alarmistes décrites dans cet article.

S’il est vrai et indéniable que la Côte d’Ivoire a connu ces dernières semaines des poussées de fièvres, en raison d’un contexte électoral particulièrement tendu du fait d’une opposition qui a délibérément opté pour la voie de la violence au détriment de celle des urnes pour accéder au pouvoir via une transition politique, force est cependant de faire remarquer que grâce à la détermination du Président Alassane Ouattara et de la majorité des Ivoiriens, le rendez-vous des urnes a été honoré et certifié par l’ensemble des observateurs, aussi bien de la CEDEAO, de l’Union Africaine, de l’OIF que de l’Union Européenne et bien d’autres.

Mieux, grâce à la sagesse du président élu Alassane Ouattara, qui avait tout pouvoir et légitimité pour sévir face aux velléités de sédition d’une opposition qui attisait les violences intercommunautaires, la carte du dialogue a été privilégiée. Certaines mesures interpellatives prises en l’encontre de certains opposants ont été assouplies ou levées.

Il est bon d’insister sur le fait que les violences inouïes dont parle le journaliste Yves Thréard ne sont pas le fait du Président Alassane Ouattara, mais plutôt d’une opposition qui a décrété une désobéissance civile violente et un boycott actif. Les appels se sont traduits par des destructions du matériel de vote, des agressions contre des forces de l’ordre, des attaques de brigades de gendarmerie et de police, d’incendies de bureaux de la Commission Electorale Indépendante, d’attaques de cortèges ministériels, d’incendie de résidences de certains responsables du parti au pouvoir, etc.

Il faut croire que tous ces faits n’ont pas paru suffisamment graves aux yeux du journaliste Yves Thréard pour en attirer l’attention. Il préfère en effet, faire porter la responsabilité de la triste situation au seul Président Alassane Ouattara.

Il n’est pas inutile de rappeler en outre à notre « éminent journaliste » que la Côte d’Ivoire est un Etat laïc et non un territoire sous la gouvernance d’un calife qui place l’application des préceptes de l’Islam au-dessus de la gestion politique.

Ecrire également que « des scènes de violence sont rapportées » relève d’une légèreté déconcertante de la part d’un professionnel des médias qui range délibérément au placard le principe sacro-saint du caractère sacré des faits en journalisme. Relever des faits aussi graves que la « décapitation » sans en citer la source, ni les circonstances & la date, et sans employer le temps conditionnel est une accumulation d’imprudence qui trahit les motivations cachées de l’auteur de l’article.

Au demeurant, il nous plait de rappeler à notre « éminent journaliste » que le Président Alassane Ouattara a été élu Président de la République de Côte d’Ivoire pour un nouveau mandat, parce que comme l’ont indiqué les institutions de la Côte d’Ivoire, les lois de notre pays l’y autorisent.

Cette élection a été voulue par le peuple souverain de Côte d’Ivoire qui a bravé toutes les entraves, pour exprimer son droit de vote.
Plus de 3 millions d’Ivoiriens ont voté. Cela devrait aussi retenir l’attention d’une partie de la presse étrangère.

Il nous apparaît nécessaire, à ce stade de notre propos de rétablir la vérité face à certaines contre-vérités dont certains médias étrangers se font l’écho.
Premièrement, le Président Alassane Ouattara n’a pas bricolé la Constitution pour se faire réélire. La nouvelle Constitution a été votée en 2016, elle n’a pas été modifiée à la veille du scrutin présidentiel.

En outre, il convient d’ajouter que le Président Alassane Ouattara avait manifesté publiquement son intention de ne plus briguer un autre mandat. Cette volonté a été traduite en acte avec la désignation du Premier Ministre Amadou Gon Coulibaly. C’est suite au décès brutal de ce dernier qu’il s’est vu contraint de reconsidérer sa décision de retrait.

Il est bon d’insister sur le fait que la candidature du Président Alassane Ouattara ait été jugée conforme à la Constitution par le Conseil Constitutionnel au terme d’une audience publique.

Deuxièmement, le Président Alassane Ouattara n’a pas empêché ses adversaires de briguer la magistrature suprême. Laurent Gbagbo et Guillaume Soro étaient clairement inéligibles. Leurs dossiers étaient incomplets. Le premier cité, en plus d’être visé par une procédure à la Cour Pénale Internationale, n’avait même pas signé sa déclaration de candidature. Le second était sous le coup d’une condamnation pour 20 ans d’emprisonnement et visé par un mandat d’arrêt international suite à une tentative de coup d’Etat.

Troisièmement, les candidats Henri Konan Bédié et Affi N’Guessan étaient qualifiés par le Conseil Constitutionnel pour compétir. Mais contre toute attente, ils ont décidé de boycotter le scrutin, d’appeler à des manifestations violentes pour empêcher la tenue de la présidentielle et exiger une transition politique, répondant ainsi à l’appel d’un certain Guillaume Soro qui invitait l’armée à se soulever contre les institutions de la République.

Mais, ce funeste plan ayant échoué, ils ont annoncé la création d’un conseil national de transition, CNT. C’est cette dernière goutte d’eau qui a fait déborder le vase et conduit les autorités à interpeller les auteurs de cette entreprise de déstabilisation des institutions de la République.

Dans son réquisitoire contre la réélection du Président Alassane Ouattara, M. Yves Thréard semble malheureusement perdre de vue ces agissements intolérables dans un Etat de droit.

Au total, la Côte d’Ivoire ne connaîtra pas de « guerre civile » ni de « désastre ». Elle n’est pas non plus un terreau fertile favorable à l’expansion du djihadisme. Parce qu’elle n’est pas plus exposée à ce péril que les autres pays d’Afrique ou du monde.

Fait à Abidjan, le 16 novembre 2020
POUR LE RHDP
LE PORTE-PAORLE PRINCIPAL
LE MINISTRE
KOBENAN KOUASSI ADJOUMANI