« Ce qui, à mes yeux ne peut être ni marchandé, ni cédé, c’est la considération et le respect dû aux lois et aux procédures de mon pays, la Côte d’Ivoire  car une nation si petite soit-elle est une nation. Nous n’accorderons notre respect qu’à ceux qui nous respectent ».

Sous la Présidence effective du Président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, SEM Guillaume Kigbafori Soro, l’Assemblée nationale a clos ce vendredi 18 décembre 2015 ses travaux relatifs à la deuxième Session Ordinaire de l’Année 2015.

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Attendu depuis 6 heures du matin sur le parvis et l’esplanade de l’Assemblée nationale par plusieurs centaines de partisans, d’amis et de fans, Guillaume Soro a été chaudement accueilli par l’ensemble des députés et du personnel parlementaire. Après l’accueil chaleureux nourri d’ovations, de cris de joie et de chants, place à l’Hémicycle pour la cérémonie de Clôture solennelle de la deuxième Session Ordinaire de l’année 2015. 

Après donc l’appel nominal effectué par le secrétaire de séance, M. Alain Addra, l’on a noté que  sur les 251 députés siégeant, 219 étaient présents.  Le quorum de 127 députés requis  étant atteint, la séance peut donc se tenir. Deux points étaient à l’ordre du jour, notamment l’ouverture de la 4ème Session Extraordinaire de l’Année 2015 et la Clôture de la 2ème Session Ordinaire 2015.

Un seul discours a meublé la cérémonie de Clôture, notamment le discours très attendu du Président de l’Assemblée nationale, SEM Guillaume Kigbafori Soro. Avant son allocution, le Chef du Parlement a salué la présence d’une délégation du Parlement guinéen venue apporter son soutien au Parlement frère de Côte d’Ivoire, à l’occasion de cette cérémonie solennelle de Clôture de la deuxième Session  Ordinaire de l’Année 2015. «  C’est un geste de fraternité et d’amitié que nous apprécions à sa juste valeur », a-t-il indiqué à leur endroit.

C’est sous des acclamations que  le Président Guillaume Soro a débuté son discours : « Chers collègues députés, mesdames et messieurs, ainsi donc me voici à Abidjan, à l’Assemblée nationale dans notre Hémicycle. Chers collègues, une juge française avec une stupéfiante brutalité a voulu m’enlever, me séquestrer et m’arracher à votre si douce affection et à celle des miens ». Cette première phrase a annoncé l’orientation et  la teneur du discours.

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Standing Ovation pour Soro

 

Son message a porté, dans un premier temps, sur la présidentielle d’octobre 2015 et sur le bilan législatif de cette deuxième Session Ordinaire 2015. 
Sur le volet des élections, Il s’est satisfait particulièrement de ces élections et de l’implication des députés dans  la réussite dudit scrutin. Un clin d’œil a été fait à ses collègues députés, notamment M. Kouadio Konan Bertin de Port-Bouët, et M. Gnangbo Kacou d’Adiaké, tous deux candidats indépendants et malheureux à la présidentielle du 25 octobre dernier. 

Le Président Guillaume Soro a saisi l’occasion pour saluer le Président de la République, SEM Alassane Ouattara, qui au lendemain de son élection, a consacré son second mandat à trois chantiers d’importance capitale, notamment la Réconciliation nationale, la Reconstruction économique et la rénovation des institutions à travers la révision de la Constitution.

Sur le bilan législatif de cette deuxième Session Ordinaire,  essentiellement d’ordre économique, outre le vote du Budget de l’année 2016, plusieurs lois de ratification d’ordonnances prises par le Président de la Républiques pour la conduite de sa politique économique ont été ratifiées. Ces lois de ratification, dira-t-il, a cela d’essentiel en ce sens qu’elles participent au progrès social et à l’amélioration des conditions de vie des Ivoiriens. 

Au deuxième point de son discours, l’actualité politique enveloppée essentiellement par la spirale et l’affolement médiatique sans précèdent, selon ses propres termes, observée contre sa personne et son combat politique. Dans l’affaire des écoutes téléphoniques, il s’en est remis à l’appréciation du Chef de l’Etat, qui dira-t-il, a tranché sur la question. « Toute douleur contenue, je m’aligne en citoyen discipliné sur la volonté, l’orientation et les instructions du Président de la République, garant des Institutions, qui en homme d’Etat a décidé de traiter personnellement cette affaire avec les nouvelles autorités burkinabés élues », a-t-il indiqué tout en s’appuyant sur une citation du Père fondateur de la nation ivoirienne, le Président Félix Houphouët-Boigny qui disait que « aucun sacrifice n’est trop grand quand il s’agit de faire la paix pour son pays. » Ces paroles empruntées du père fondateur ont suscité des ovations.

Sur ses relations avec le Burkina Faso, le Chef du Parlement ivoirien a démontré l’attachement qu’il porte à ce pays frère  pour y avoir été accueilli lors de son exil. Il en a profité pour saluer la bonne tenue de l’élection présidentielle qui vient de s’y dérouler et évoquer les excellentes relations entre le nouveau Président élu du Burkina, M. Rock Marc Kabore, son aîné et ancien collègue en tant qu’ancien Président de l’Assemblée nationale du Burkina Faso.

Enfin, dans l’affaire Michel Gbagbo portant sur une plainte déposée au Parquet de Paris contre lui pour enlèvement, séquestration et traitement inhumain après la crise post-électorale, le Président Guillaume Soro a tout simplement, par analyse et démonstration au regard des documents à sa portée, démonté l’argumentation de la juge Sabine Kheris et par ricochet cette plainte du sieur Michel Gbagbo auprès d’un Tribunal français. Pour Guillaume Soro, il ne s’agit ni plus ni moins que de la remise en cause de l’élection du Président Alassane Ouattara en 2010. « La Légitimité du Président Alassane Ouattara n’est donc pas reconnue par la juge française et au-delà, les Institutions mises en place en 2010 dont l’armée et ses animateurs ».

Le Président Guillaume Soro a poursuivi son réquisitoire en montrant l’acharnement contre sa personne par la juge française, qui a consciemment foulé au pied l’immunité absolu dont il bénéficie en tant que Président d’Institution. Il qualifie d’ailleurs cet acte d’abus d’autorité et d’outrage porté à la Représentation nationale ivoirienne et aux institutions ivoiriennes en général. 

Le Président Guillaume Soro sans langue de bois a, tout au long de son discours, fustigé sans autre forme de procédure, à travers des comparaisons,  ce comportement  déplacé de la juge française vis-à-vis d’une personnalité ivoirienne. C’est par ces mots forts à l’égard de la France qu’il a quasiment terminé son discours :
« Ce qui, à mes yeux ne peut être ni marchandé, ni cédé, c’est la considération et le respect dû aux lois et aux procédures de mon pays, la Côte d’Ivoire  car une nation si petite soit-elle est une nation. Nous n’accorderons notre respect qu’à ceux qui nous respectent », a-t-il indiqué en regardant droit dans les yeux l’ambassadeur Français Georges Serre présent qu’il a, au finish, remercié pour lui avoir rendu visite, dès son retour au pays, le mardi 15 décembre dernier.

A la fin de son discours, le Président Guillaume Soro a déclaré, en même temps, close la 2ème Session Ordinaire de l’année 2015 et ouverte la 4ème Session extraordinaire de l’année 2015 demandée par le Président de la République, SEM. Alassane Ouattara. Une conférence des Présidents se tiendra à cet effet dans l’après-midi pour définir l’ordre du jour et le calendrier des travaux.

C’est par des vœux de bonne et heureuse année 2016 formulés  à l’endroit de tous les Ivoiriens épris de paix que le Président Guillaume Soro a bouclé cette cérémonie officielle de Clôture de la 2ème Session Ordinaire 2015 dite Session Budgétaire. 

Louis Konan